(FAIR) WAY : la voie de l’inclusion dans les postes de pouvoir

FAIR (1)

Directrice générale, Présidente de club, entraîneure ou encore membre de comité exécutif, les postes à responsabilités ou les postes techniques sont occupés majoritairement par des hommes.

Même si les choses évoluent et que les femmes font de plus en plus partie du paysage, leur positionnement sur ces postes clefs n’est pas suffisant.
Les valeurs véhiculées dans les organisations sportives font plutôt référence aux valeurs masculines et garantissent ainsi un pouvoir au masculin.

Nous avons recueilli les expériences de trois femmes merveilleuses qui se sont construites de près ou de loin à travers le golf.
Cette photographie de l’écosystème de l’industrie du golf contribuera peut-être à donner confiance à certaines et à ouvrir les yeux des autres quant au chemin à parcourir.

Une politique de quotas nécessaire

Le golf reste un sport ultra masculinisé et on ne peut pas dire que nos instances montrent l’exemple en termes de représentativité féminine” souligne Isabelle COLLET, Présidente du Golf Club du Forez, entrepreneure dans l’univers de l’art contemporain et joueuse émérite de golf.

Effectivement, au sein de notre fédération par exemple, la représentativité moyenne féminine dans les commissions et comités stratégiques est de 20,5% et seulement 3 commissions sur 14 sont présidées par une femme. La place des femmes présidentes ne représente respectivement que 11% et 10% au sein des ligues et des comités départementaux (Source FFG 2021/2022).

La bonne nouvelle est que La loi pour la parité a été validée, cela signifie qu’à partir de 2024, des places seront libérées en faveur des femmes au sein des comités de la FFGolf et dès 2028 au niveau régional.

Il y a de gros marqueur de machisme au sein du club, lors de mon arrivée ça a grincé des dents. J’entendais toute sorte de réflexion toutes empreintes de sexisme.

Isabelle Collet Présidente du golf de Forez

Les postes à responsabilités dans le golf, terrain de jeu des hommes

Les hommes dans les postes de pouvoir ont tendance à embaucher et promouvoir leurs semblables (consciemment où inconsciemment).
Pour Laure Dalloz, Directrice Générale des golfs de la Bresse et du Domaine du Gouverneur, la question de la mixité au sein de ses équipes est essentielle et la parité au sein des postes à responsabilité est une priorité : “Nous avons 60% d’homme et 40% de femmes au sein de nos effectifs et nous avons la parité dans les postes à responsabilité, j’y veille. Une équipe mixte permet d’avoir des échanges plus enrichissants, le monde du golf est un monde d’homme et c’est essentiel pour moi d’avoir une présence féminine. Cette composition apporte de la modernité, de la convivialité et une vision avec des points de vue variés”.

Évoluer dans l’industrie du golf c’est avoir des homologues ou des équipes parfois majoritairement masculines, mais c’est aussi évoluer parmi une clientèle qui l’est tout autant. “Il y a de gros marqueurs de machisme au sein du club, lors de mon arrivée ça a grincé des dents. J’entendais toutes sortes de réflexions, toutes empreintes de sexisme. Je sais qu’ils s’habituent à ma présence, néanmoins il sera essentiel de montrer les réussites opérées.” souligne Isabelle Collet.

Le constat est que les femmes qui choisissent d’évoluer dans ce monde essentiellement masculin doivent en apprendre le jargon, les symboles, les mythes, les croyances et les valeurs. 

Pour Stéphanie Arricau, quadruple Championne de Golf sur le LET et Entraîneure de haut niveau/préparatrice mentale, “Le modèle patriarcal est omniprésent et tout cela va mettre du temps à changer. Le système est étouffant, car il y a un manque de reconnaissance d’un côté, et de l’autre tu dois en permanence prouver tes compétences pour avancer. Les portes ne s’ouvrent pas facilement. 

J’ai été plusieurs fois confrontée à des propos sexistes comme “les femmes ne savent pas chipper et putter”, que j’entends de la part de mes homologues. Nous devrions mettre plus en avant les compétences propres plutôt que de marginaliser les femmes avec des croyances limitantes”.

Encourager les femmes à oser, occuper l’espace, assumer leur force, leur ambition dans cet écosystème est l’affaire de tous.

Comment faire évoluer les choses ?

La mise en lumière de la réalité du terrain permettra de déconstruire les injonctions faites aux femmes dans cet univers à double écueil : d’un côté le pouvoir et de l’autre l’univers viril du sport.

La mise en avant de rôles modèles et de femmes qui partagent leur expérience sans langue de bois nourrira la réflexion et permettra d’inspirer les femmes à se lancer. “Ma belle soeur a été très inspirante, elle a pris la direction d’un hôtel à 26 ans. Voir son ascension m’a permis de croire en moi et d’oser prendre la direction générale de nos deux golfs”, indique Laure Dalloz.

Le mentorat et le partage seront importants dans l’accompagnement de prise de poste : “Nous sommes plusieurs femmes avec des postes à responsabilités à nous entraider, indique Isabelle. Je n’étais pas habituée à cela et je trouve que c’est très enrichissant et encourageant ”.

Plus il y aura de femmes dans les postes décisionnaires sportifs, plus les organismes de sport seront sensibilisés à créer un programme de mesures positives ou à modifier leur structure pour répondre aux besoins des femmes.

Encourager les femmes à oser, occuper l’espace, assumer leur force, leur ambition dans cet écosystème est l’affaire de tous.


Retrouvez tous les mois la chronique “golf au féminin” d’Aude Bredel sur le Journal du Golf.

GolfHER Officiel

GolfHER Officiel

L'équipe de spécialistes, à votre service pour vous proposer des articles exclusifs sur le golf féminin.

Partager cet article

Facebook
Twitter
LinkedIn
Pinterest
WhatsApp
Email
Imprimer

Articles en relation

Golf au féminin, so british !

Cette semaine, le gratin mondial féminin se rend dans un haut lieu de l’histoire du golf qui a longtemps refusé les femmes. Le 5e et dernier majeur de la saison 2022 se déroule sur le parcours de Muirfield en Ecosse !

Lire l'article

Gentlemen Only Ladies Forgotten

Lorsqu’il s’agit de parler d’un décalage entre la pratique féminine et masculine au golf, on entend souvent : les femmes ne sont pas interdites de jouer !
Néanmoins, ce qui fait que le golf est un des sports individuels les plus masculinisés, c’est qu’il a été créé et codifié par des hommes pour des hommes.
Si bien que les femmes qui aiment ce sport s’adaptent au système et non l’inverse.

Lire l'article

Laisser un commentaire

La communauté des femmes du monde du golf

Communauté

Se connecter