Véronique Briola, la reine du Green

Véronique Reine du green (1)

Pionnière en matière de golf éco responsable en France, ce qui l’anime c’est d’opérer une transition écologique en prenant soin de la nature et en changeant le mode de consommation des golfeur.euse.s. Cette experte discrète possède de nombreuses connaissances des métiers du golf et n’hésite pas à partager son savoir et ses bonnes pratiques. Rencontre avec Véronique Briola, l’inspirante Directrice du golf de la Vaucouleurs.

Comment le golf est arrivé dans ta vie ?

J’ai connu le golf grâce au champion de golf Jean Garaïalde, que ma tante a épousé. Jean a toujours été bienveillant avec moi, je l’admire énormément, il est vraiment accessible, toujours sympa et humble.

Pour autant, je suis arrivée dans les métiers du golf plus tard. Je viens du monde de l’automobile, l’étais administrateur des ventes des pièces prototypes pour la Formule 1 chez Siemens Automotive.
J’ai voulu découvrir un nouvel univers et c’est à ce moment-là que j’ai décroché mon premier poste de commerciale au Golf Parc Robert Hersant et en quelques mois je suis devenue directrice adjointe du Golf.
Après 4 années là-bas je souhaitais évoluer, il y avait un poste libre au Golf de la Vaucouleurs, j’ai été choisie et j’entame ma 8ème année dans ce club merveilleux.

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ton métier de directrice de golf ?

Ce que j’aime le plus c’est de manager les équipes, cette cohésion pour réaliser des projets. Mes journées ne sont jamais les mêmes, je suis très souvent sur le terrain, dans l’opérationnel, le bureau finalement c’est lorsque je n’ai pas le choix (rire).

J’adore également le rapport à la nature que ce métier permet, depuis toujours. La transition écologique me permet de légitimer et renforcer les actions éco-responsables, aspect qui me tient à cœur depuis longtemps.
J’adore admirer nos parcours, lorsque je me connecte à cette nature le temps s’arrête.

Les clients ne souhaitent plus la même chose, la covid a énormément fait évoluer leurs attentes, on est plus sur un golf ludique que de compétition. Le plaisir s’est accentué, la gestion de leur temps ainsi que leur mode de vie se sont transformés. Il faut réinventer sa stratégie, c’est très intéressant pour moi.

Quels sont tes dossiers les plus intéressants du moment ?

Le dossier le plus important c’est le dossier écologique, il s’agit de revenir à la nature propre et d’arrêter la surconsommation.
Cela fait 3 années que je m’y consacre. 

Nous nous revendiquons comme golf éco-responsable. Nous sommes le premier Golf en Europe à avoir signé la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, nous nous sommes engagés sur 16 actions concrètes. Nous sommes très fiers d’avoir un bilan carbone négatif.

Par exemple, au proshop nous nous positionnons sur la vente d’articles de seconde main, si j’ai des articles neufs en vente c’est en coton bio ou matières recyclables provenant de France ou d’Europe. Nous favorisons les circuits courts, tout est recyclable, je ne veux plus de plastique.

Au niveau du terrain ma priorité c’est d’avoir les plus beaux greens dans un espace naturel, c’est dur de contrôler la maladie mais cela en vaut la peine.
Malheureusement il y a une désinformation et méconnaissance du travail que les clubs mènent à ce sujet.

Au début, c’était difficile à faire comprendre et une chose est certaine, cette transition écologique s’opère sur toutes les strates, de la graminée aux clients.
Tous mes salariés ont cette conscience écologique. J’ai mené une sensibilisation, un brainstorming, et une mise en action, évangélisation auprès de mes membres. Pour moi un label devrait être distribué gratuitement.

Pour moi la clé, lorsque l’on veut conquérir des postes à responsabilité, c'est de développer des connaissances terrain/parcours

Selon toi, pourquoi y a t-il si peu de femmes qui occupent des poste à responsabilité comme le tiens ?

Je ne te cacherais pas que lorsque je suis arrivée à la Vaucouleurs, cela a été dur pendant un an, je ne l’explique pas.

J’ai toujours évolué dans des métiers très masculinisés, grande distribution et automobile et le modèle que j’ai opéré c’est de beaucoup travailler pour être perçue rapidement par les hommes comme une personne crédible et fiable.

Quels conseils souhaites-tu partager aux femmes qui aimeraient accéder à des postes à responsabilités comme toi ?

Il faut qu’elles aient les connaissances pour très vite asseoir leur image naturellement, exceller dans un domaine pour montrer de quoi elles parlent.

Pour moi la clé, lorsque l’on veut conquérir des postes à responsabilité, c’est de développer des connaissances terrain/parcours, car rares sont les directeurs qui maîtrisent ces compétences qui relèvent plus du Greenkeeper.

Pour ma part je suis allée en formation, car tu as le côté pratique du greenkeeping, je vois qu’il y a une dimension intellectuelle à avoir par rapport au vivant, c’est aussi notre rôle de directrice. Ça m’a permis d’enrichir mon travail, je fais office de greenkeeper, je travaille avec un consultant (Alexandre Ragonnet) et je fais le lien, j’ai décuplé ma passion du vivant, j’ai découvert ce métier passionnant du greenkeeping, qui malheureusement est mal connu et reconnu en France. 

Globalement, nous manquons cruellement de jardiniers et de greenkeepers, postes largement accessibles aux femmes. J’ai moi-même une super woman (Freerique Leger) dans mon équipe terrain (rire).

Ton parcours préféré en France ?

J’affectionne particulièrement le parcours des Vallons de La Vaucouleurs, c’est un links qui ne se joue jamais de la même façon en fonction du vent. Il ne manque que la mer pour être chez moi, en Normandie.

L’objet le plus insolite dans ton sac et son histoire ?

J’ai toujours mon premier gant lorsque j’ai commencé au golf de Saint Donat, même abimé je le conserve précieusement dans mon sac.

Ce que tu préfères quand tu joues ?

La nature ultime, zéro bruit de l’homme, que le son de la nature, cela m’apaise de suite.

Ta dernière action en faveur des femmes au golf ?

J’ai un pourcentage de joueuses au-dessus de la moyenne nationale. Lorsqu’une joueuse arrive au club, je la reçois personnellement, et je la présente à d’autres femmes du club.

Je fais cela, car j’ai ma propre expérience en tant que femme dans le golf. Quand j’ai commencé le golf je continuais à payer mon pro pour aller sur le parcours, car j’avais peur de déranger les autres joueurs. C’est comme pour le métier de directrice, c’est intimidant le monde du golf.

Merci Véronique pour notre échange 😉

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