Marlène ALLAIN, une volonté de fer

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Marlène est une passionnée passionnante de golf ! Elle fait partie des “très” peu d’élues à posséder un golf en tant que femme : le Golf des Poursaudes dans les Ardennes, qu’elle le manage depuis 5 ans. Découvrez son portrait et son parcours inspirant.

Comment le golf est arrivé dans ta vie ?

Le golf est arrivé dans ma vie lorsque j’avais 8 ans. J’ai participé à une animation golf avec mon centre aéré, cela a été le coup de foudre. Je viens d’un milieu ouvrier, donc lorsque je suis rentrée à la maison et que j’ai annoncé à mes parents que le golf était une révélation ils ont eu un temps d’arrêt. 

Néanmoins,  ils m’ont toujours poussé à faire ce qui me rendait heureuse. J’ai commencé au Golf de Mormal, nous n’étions pas beaucoup de filles, mais j’ai eu la chance de vivre l’expérience du sportif en intégrant les équipes et d’avancer à mon rythme dans les meilleures conditions.

Qu’est-ce qui te plait le plus dans le golf  ? 

C’est le partage qui me plait. C’est quelque chose que j’affectionnais lorsque j’ai commencé, je pouvais partager des parties de golf avec des jeunes de mon âge, mais aussi avec des personnes plus âgées.

De 8 à 37 ans j’ai rencontré des personnes inspirantes grâce au golf. J’ai construit, dès le plus jeune âge, des liens durables avec de nombreuses personnes. Même si l’on ne se voit pas souvent, le golf reste une occasion de se retrouver et lorsque l’on commence jeune de se construire en tant qu’adulte et joueur.

J’ai eu la chance d’initier mon père au golf, grâce à ce sport nous avons eu et avons encore des moments privilégiés tous les deux.

Aujourd’hui tu es propriétaire du Golf des Poursaudes, peux-tu nous raconter comment s’est passé ton ascension dans l’industrie du golf ?

Mon histoire avec le golf a commencé jeune, mes premiers jobs d’été étaient au golf de Mormal, ce qui me permettait de payer ma cotisation de golf.
J’ai fait une licence d’économie tout en jouant pour les équipes du golf d’Amien à l’époque. À 20 ans, j’ai quitté les bancs de la faculté avec mon diplôme en poche et je me suis demandée que vais-je faire … ? 

J’ai intégré la formation des métiers du golf à Angers. J’ai travaillé pour UGOLF pendant 10 ans. J’ai commencé avec mon stage de fin d’études golfiques puis j’ai conclu un CDI pour devenir comptable du golf d’Anjou.  Mes fonctions allaient au delà,  j’ai beaucoup travaillé sur différents aspects ce qui m’a permis de décrocher un poste de responsable sportif au golf de Gadancourt. 

J’ai adoré être davantage au contact des clients, de développer le golf avec les portes ouvertes, de tester et montrer l’aspect convivial du golf, permettre aux joueurs de se sentir bien et de créer du lien social.
Peu de temps après le Directeur Générale Pierre André Uhlen, m’a proposé le poste de directrice du golf de Cergy. J’avais pour objectif d’être directrice avant 30 ans, je l’ai été à 23 ans. Je n’ai pas eu peur de me lancer pour autant, car je savais que je pouvais m’appuyer sur le réseau de directeur et directrice du groupe, car l’ambiance était bienveillante.
Le fait d’être une femme, jeune et l’inverse de mon prédécesseur, ce qui m’a poussé à travailler énormément, je voulais prouver que j’étais la bonne personne à la bonne place.

Puis j’ai eu la chance de rencontrer Joel Gibeaux un entrepreneur dans le golf qui avait racheté un 2ème golf dans les Ardennes. J’ai fait la rencontre du directeur des Poursaudes que j’ai rejoint pour travailler à ces côtés. En 2017, Joël qui était le propriétaire du golf nous a proposé de racheter le club. Cela s’est fait naturellement, on a remis le golf à l’équilibre en année 1.

Cette année, j’ai racheté ses parts parce qu’il souhaitait quitter l’univers du golf. Je suis propriétaire de mon club et j’en suis très fière. C’était une évidence que je rachète ses parts, car je suis bien entourée et épaulée par les membres du club qui sont d’un réel soutien, je ne crains pas d’être seule.

Une fois l'on m’a dit “ce poste est trop risqué pour toi, car les clients et le staff ne sont pas prêts à avoir une femme à la tête du club, tu vas te casser le nez"

Selon toi, pourquoi y a t-il si peu de femmes qui occupent des poste à responsabilité comme le tiens ?

Une fois mon responsable m’a dit “ce poste est trop risqué pour toi, car les clients et le staff ne sont pas prêt à avoir une femme à la tête du club, tu vas te casser le nez”.  En tant que femme, nous ne sommes pas perçues avec la même autorité ou légitimité. Une fois j’ai appris que j’étais payée 30% moins qu’un homologue masculin, alors que mes résultats dépassaient mes objectifs, je ne me suis pas découragée, mais cela n’est pas acceptable.
J’ai rencontré des hommes bienveillants, qui ont voulu m’aider de façon sincère. Des hommes qui ont conscience qu’il est important d’avoir un équilibre homme/femme dans une entreprise.
Je trouve que la femme en général s’oblige à être toujours irréprochable, elle essaye de faire les choses au delà des objectifs.

En même temps, si l’on occupe un poste avec un statut, il arrive de ne pas être reconnue.
“Je veux voir le directeur”, c’est moi la directrice, “non je veux voir le vrai directeur” j’ai pu entenddre venant de golfeurs. Comme rarement un homme vient me voir pour une question de règle de golf. En tant que femme tu dois prouver deux fois plus que tu fais le boulot, pour les faire changer d’avis sur ton sujet.

Quels conseils souhaiterais-tu partager aux femmes qui aimenraient accéder à des postes à responsabilités comme toi ?

Ne lâchez rien ! Si vous êtes sûre de vous et si c’est de dont vous avez besoin , faites le, essayez. Mes parents m’ont toujours dit “ne vis pas avec des regrets même si des personnes te décourage. Il n’y a que toi qui sais ce qui est bon pour toi”. Bien sûr il faut être à l’écoute des personnes qui nous entoure, mais chacun a ses perceptions. 

Des obstacles il y en a et il y en aura, mais ne restez pas dans l’ombre.

Ton parcours préféré en France et à l’étranger ?

Mon parcours préféré en France c’est le Golf National pour l’évolution qu’il a eue. Je l’ai joué pour la 1ère fois en championnat de France à l’age de 13 ans, j’ai vécu la Ryder Cup. C’est un des parcours que j’ai plaisir à jouer une fois par an.

À l’étranger c’est le golf Punta Espada, en République Dominicaine. C’est dans une réserve naturelle et visuellement c’était vraiment magnifique, tous les sens étaient en éveil : plage de sable fin, vues sur la mer, et des zones éco-responsables !

L’objet le plus insolite dans ton sac et son histoire

Ce n’est pas insolite, mais j’ai un marque balle de St Andrews que je n’utilise jamais, car j’ai peur de perdre la puce.

Le démon de tes parcours et ton ange gardien

Mon démon sort lorsque je vois l’obstacle. Cette petite voix qui me dit “ne va pas dedans”, et l’obstacle devient de plus en plus gros.(rire)

Mon ange gardien et apparu depuis la lecture d’un livre sur une civilisation Hawaïenne (Hoʻoponopono sagesse) et à chaque fois que j’ai un coup de golf je me rassure en disant ce mantra : “désolée, pardon, merci, je t’aime”.

Ta dernière action en faveur des femmes au golf ?

J’ai un partenariat avec le district de footgolf féminin et un partenaire avec l’équipe de Basket de Charleville. Chaque année, les joueuses font leurs premiers pas de golf aux Poursaudes. J’organise également des évènements pour les joueuses du club, nous nous retrouvons en toute bienveillance et détente.

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