Dans le golf de haut niveau, l’attention se concentre généralement sur les joueurs. Pourtant, derrière chaque parcours d’excellence se cache un écosystème complexe où les décisions, l’entourage et la stratégie peuvent être aussi déterminants que le talent lui-même.
C’est précisément sur ce terrain que Mathilda Cappeliez a choisi d’intervenir, ancienne joueuse ayant évolué parmi l’élite du golf amateur N°8 mondiale, meilleur index de +4,5, 24 sélection en équipe de France.
Elle accompagne aujourd’hui de jeunes talents et leurs familles dans la construction de projets sportifs ambitieux. Une activité qui répond à une problématique encore largement sous-estimée : le manque de repères et de connaissances autour du développement vers le très haut niveau.
« Beaucoup de familles investissent énormément d’énergie, de temps et de ressources dans le projet sportif de leur enfant. Pourtant, elles avancent souvent sans véritable feuille de route », observe-t-elle.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de revenir dans l’industrie du golf après ton parcours ?
C’est surtout le constat d’un vrai manque d’informations et d’accompagnement autour de la performance golfique et le haut niveau.
J’ai vu beaucoup de parents en détresse, qui veulent sincèrement aider leurs enfants à aller plus loin, mais qui ne savent pas comment s’y prendre, quelles décisions prendre ou vers qui se tourner. Et du côté des jeunes joueurs, j’ai constaté qu’ils sont souvent bien entourés techniquement, physiquement ou mentalement, mais qu’il leur manque des connaissances essentielles pour aller plus loin, avoir un plan d’action, optimiser leur jeu sur le parcours, mieux s’entraîner, et avancer efficacement vers leurs ambitions de haut niveau.
C’est donc ce manque global de connaissances et de repères dans la performance pure qui m’a donné envie de revenir dans le monde du golf : pour transmettre, guider et aider les jeunes et leurs familles à avancer avec plus de clarté et de confiance.
À quel moment tu as compris que tu voulais accompagner le très haut niveau, et pas juste y évoluer en tant que joueuse ?
C’est après mes premiers grands échecs sportifs, que j’ai vraiment compris que je voulais accompagner le très haut niveau, et pas seulement y évoluer moi-même.
À cette période-là, j’ai repris mes études de zéro et j’ai passé 5 ans en école de commerce. Le fait de prendre du recul par rapport au haut niveau m’a permis de voir les choses différemment. J’ai réalisé à quel point ce parcours est exigeant humainement : il y a des hauts, des bas, beaucoup de solitude parfois, des incompréhensions de l’entourage, et une nécessité constante de s’accrocher malgré les difficultés.
C’est en vivant ces épreuves et en prenant cette distance que j’ai compris que j’avais envie d’aider les jeunes golfeurs à traverser tout ça, pour leur faire gagner énormément de temps, et éviter de nombreuses erreurs. Pas seulement sur la performance, mais aussi dans tout ce qu’implique un projet de très haut niveau au quotidien.
aller aux États-Unis est une étape très importante, voire déterminante, dans la construction d’un projet de haut niveau golfique.
Pourquoi les États-Unis restent aujourd’hui une étape clé dans un parcours de haut niveau ?
Les États-Unis restent aujourd’hui une étape clé dans un parcours de haut niveau car ils représentent, selon moi, la référence mondiale du golf de haut niveau.
C’est un écosystème unique : une densité de joueurs et joueuses de très haut niveau, des coachs parmi les plus expérimentés, des infrastructures exceptionnelles et une culture de la performance très avancée. Que ce soit à travers le circuit universitaire, les tournois amateurs ou les circuits professionnels, le niveau de jeu y est particulièrement élevé.
Pour une jeune joueuse, y aller permet de se confronter à une réalité différente : jouer sur des parcours plus exigeants, évoluer face à des adversaires plus forts, découvrir d’autres méthodes d’entraînement et sortir de sa zone de confort.
C’est pour toutes ces raisons qu’aller aux États-Unis est une étape très importante, voire déterminante, dans la construction d’un projet de haut niveau golfique.
Ce rêve américain est très présent dans le golf, et pour moi c’est une opportunité réelle et accessible.
En revanche, ce qui peut devenir une illusion, ce n’est pas le fait d’y aller, mais la manière dont on se l’imagine. Partir aux États-Unis ne garantit pas une progression automatique ni une réussite sportive. C’est un environnement très compétitif, exigeant, où il faut s’adapter rapidement et accepter de sortir de sa zone de confort.
Donc oui, c’est accessible, mais ça doit être préparé sérieusement et compris comme une étape de travail et de développement, pas comme une finalité ou une solution magique.
Quelle est la plus grande erreur que font les familles qui visent le haut niveau
Pour moi c’est de ne pas suffisamment s’entourer de personnes ayant une expérience récente et concrète du très haut niveau.
Souvent, elles s’appuient sur des conseils bien intentionnés, mais pas toujours connectés à la réalité actuelle de la performance ou du circuit. Or, le haut niveau évolue très vite : les exigences, les standards, les parcours de développement, tout change constamment.
S’entourer de personnes qui vivent encore ou qui ont vécu récemment ce niveau, ou de coachs directement connectés à cet environnement, permet d’avoir des informations beaucoup plus justes et actuelles. Cela aide à prendre de meilleures décisions, à éviter des erreurs et surtout à gagner un temps précieux dans le développement du joueur.
Comment décrirais-tu ton rôle avec Golf Elevation ?
Je travaille seule et à mon compte. Ma démarche est avant tout complémentaire de ce que proposent les structures classiques comme les clubs, les écoles de golf, les académies ou les coachs spécialisés (technique, physique ou mental).
Je me décris comme mentor et coach de performance. Mon rôle est d’accompagner les jeunes golfeurs dans leur projet de haut niveau, en allant plus loin dans leur performance golfique.
Concrètement, je les aide à transformer une ambition en un plan d’action précis : des étapes identifiées, des axes de progression clairs, des références de performance, un calendrier de tournois adapté, des objectifs de saison cohérents, jusqu’à avoir des actions à faire au quotidien.
L’idée est qu’ils sachent exactement où ils vont et comment y aller, mois après mois.
J’interviens aussi beaucoup sur:
- la partie performance à l’entraînement : comment s’entraîner efficacement, comment prioriser les secteurs de jeu,
- L’organisation des semaines en fonction de son rythme et de ses contraintes,
- L’optimisation de chaque séance pour qu’elle ait un vrai impact.
- La performance sur le parcours : stratégie de jeu, routines, visualisation, etc.
- la préparation et la gestion des tournois,
- l’optimisation de l’entourage,
- leurs opportunités d’avenir,
- les dimensions invisibles au-delà du jeu, qui sont aussi très importantes.
Je m’assure que les jeunes et leurs parents aient toutes les clés en main pour aller le plus loin possible dans leur ambition respective, et leur progression vers le haut niveau.
Combien de talents passent à côté faute d’accompagnement selon toi
La France compte aujourd’hui énormément de jeunes golfeurs compétiteurs, avec près de 38 000 jeunes licenciés, et nous faisons partie des 3 pays européens où le vivier est le plus important. Pourtant, très peu atteignent réellement le très haut niveau.
On perd beaucoup de talents en route, et cela pour plusieurs raisons. Mais selon moi, l’une des principales reste le manque d’informations et d’accompagnement, aussi bien pour les jeunes que pour leurs parents. Beaucoup ont du potentiel, mais ne savent pas forcément comment structurer leur progression, comment optimiser leur performance sur le parcours, quels choix faire ou comment construire un vrai plan d’action vers leurs ambitions.
C’est aussi pour cela que je fais ce métier aujourd’hui : pour aider davantage de jeunes à croire en leurs ambitions et surtout à avoir les bons outils pour essayer d’aller le plus loin possible dans leur projet.
Et si tu pouvais dire une seule chose à une jeune joueuse qui rêve grand ?
Je lui dirais de ne jamais abandonner.
Le chemin est magnifique, mais il est fait de hauts et de bas, de doutes et de moments de réussite. Ce qui fait la différence, c’est l’environnement et l’entourage : un environnement familial solide et des personnes professionnelles capables d’apporter de la bienveillance, de la confiance, du positif constamment, et qui a beaucoup d’expérience et de légitimité pour aller loin.
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